Toulouse a fait le minimum en battant une équipe du RC Lens (1-0) conquérante et audacieuse mais désespérément incapable de concrétiser ses nombreuses occasions. Il a fallu une bourde défensive monumentale pour que le club de Haute-Garonne décroche le cocotier et ainsi renvoyer les Artésiens en cours de rattrapage de réalisme. Plus que la défaite, ce sont ces points gaspillés qui irritent. Et qu'il ne s'agira pas de regretter en fin de saison.
Avec le vent tantôt dans le dos, tantôt de face, les deux équipes (les gardiens surtout) ont été obligées de composer avec des bourrasques capricieuses, avant-garde de la tempête annoncée sur le territoire ce week-end. C'est en tout cas le Racing Club de Lens qui met son adversaire dans le vent dès ce début de première mi-temps, affichant une confiance dans son jeu que ne parvient pas à contester son hôte. Eduardo et Boukari donnent des sueurs froides à Pelé, le gardien toulousain (10e), avant que le premier ne récidive sans trouver la cible toutefois (27e). L'absence de Gignac laisse un grand vide sur le front de l'attaque locale mais Toulouse va réagir à la demi-heure de jeu. Par deux fois, Machado voit ses essais soit frôler le cadre (29e) soit être détourné en corner par Runje (32e). Le sprint final de cette première période vire en faveur du RCL avec une tête croisée d'Eduardo exploitant un centre de Boukari frôlant le poteau de Pelé (37e) avant que le portier des Violets ne détourne acrobatiquement (le vent, toujours) un « sac » de Boukari des 35 mètres (39e). Le gardien sudiste n'a pas volé sa pause car la soirée n'est pas finie pour lui.
Effectivement, il sauvera à nouveau ses couleurs d'un superbe arrêt réflexe du pied sur un tir des 25 mètres de Sow (55e). Les fringants purs-sangs lensois vont pourtant prendre un grand coup d'éperon sur leurs croupes. Bedimo passe complètement à côté de son dégagement défensif, Runje repousse la reprise de Sissoko mais Dupuis avait suivi (1-0, 58e). Toulouse se remet donc en selle après avoir subi, ce qui donne des idées à Capoue (61e). Les joueurs de Jean-Guy Wallemme tentent de reprendre leurs esprits, Kovacevic est tout prêt de rétablir la parité mais Pelé stoppe le ballon sur sa ligne (68e). On ne pourra pas reprocher aux Artésiens de remettre l'ouvrage sur le métier, illustration : un boulet de canon signé Jemaa frôle le montant gauche de Pelé (73e); Eduardo servi en profondeur rate de quelques centimètres l'égalisation (80e); enfin, Akalé ne profite pas d'une amnésie de Tabanou en tergiversant trop alors qu'il était en situation idéale pour fusiller Pelé (84e). Toulouse encaisse ces coups de boutoir sans broncher et saura conserver son précieux capital au bout des quatre minutes de temps additionnel en dépit des ultimes rushes de Yahia, Boukari et Jemaa. Les Sangs et or peuvent se mordre les doigts de s'en repartir bredouille de la ville rose. Ils avaient l'occasion de passer leur adversaire au classement et de s'approcher un peu plus de la zone de sécurité des 42 points. Il s'agira donc de remonter la pente samedi avec la réception du PSG (coup d'envoi 19h sur Foot +) et en se souvenant du bon temps du camouflet infligé à Monaco.