Un Lens-Monaco est très souvent porteur de promesses de beau jeu. À ce niveau, le public n'a pas été déçu avec en prime une victoire princière des Sangs et or (3-0). Les prolongations de mercredi face à Brest laissaient pourtant craindre des conséquences fâcheuses sur le rendement des hommes du Racing Club de Lens, il n'en fut rien. La capitalisation pour le maintien ne connaît pas la crise, elle est même en pleine expansion côté lensois.
Magnifique prologue coloré pour cette rencontre avec une banderole confectionnée par les supporters offrant le slogan suivant : « Nous sommes tous des enfants du Racing » Les Artésiens sont pourtant tout prêts de commettre d'entrée une erreur de gamin, une mésentente entre Chelle et Runje fait souffler une brise de scirocco sur Bollaert et ses 33 493 spectateurs (3e). Lens moins fringant techniquement dans l'animation compense avec la hargne en pressant le porteur du ballon. Mais Maazou est à deux doigts de profiter d'une nouvelle mésentente défensive, à nouveau entre Chelle et son gardien (11e). La fluidité du jeu monégasque est incontestable, l'entrejeu et la défense souffrent face à la circulation du ballon parfois météorique des joueurs de la Principauté. Néné en donne des sueurs froides à Runje (26e et 28e sur coup-franc). La résistance locale ne sera pourtant pas vaine, contre toute attente c'est le Racing qui déflore la marque. Sur un long coup-franc plein axe de Roudet, Yahia surgit aux six mètres pour dévier le ballon de la tête, Jemaa à la réception trompe Ruffier d'un plat du pied croisé (1-0, 31e). L'AS Monaco, groggy, essaie toutefois de garder le contrôle du ring. Mais elle va se faire une nouvelle fois cueillir au menton lorsque Ruffier sorti plutôt aventureusement loin de ses buts dégage dans les pieds de Demont. Le latéral lensois transmet immédiatement à Jemaa qui prolonge aussi vite pour Roudet. Un crochet et la frappe enroulée du milieu Sang et or, devant trois défenseurs, finit au ras du poteau d'un Ruffier accablé (2-0, 42e). On n'ose imaginer la soufflante de Guy Lacombe que les Azuréens ont dû subir pendant la pause.
Mais c'est une autre tempête, de neige cette fois, avec laquelle les vingt-deux acteurs vont devoir composer lors de cette deuxième période. Et très vite, cette reprise va avoir valeur de blizzard pour Monaco. Un tacle appuyé de l'ex-lensois Djimi Traoré sur Jemaa paraissait hors surface, ce ne sera pas l'avis de M. Ledentu, loin d'être un novice dans le métier, qui montre le point de penalty en dépit des protestations monégasques. Bedimo se charge de la sanction et transforme pleine lucarne (3-0, 52e). L'intensité du flot de neige rend parfois la rencontre presque aussi facile à regarder qu'un film crypté sur Canal +. Mais ce sont surtout les Monégasques qui n'y voient plus rien. En tout cas Runje y voit clair dans son face-à-face avec Maazou (65e). Par la suite, le gardien croate sera parfait face aux ultimes rushes visiteurs. Face à l'une des plus belles équipes du championnat, le Racing a tout simplement démontré qu'il avait pris une envergure que l'on imaginait honnêtement pas en début de saison. Le déplacement de samedi prochain à Toulouse (coup d'envoi 19 h sur Foot +) sera-t-il du même tonneau ? Allez savoir tant ces Lensois n'en finissent pas de nous étonner ces derniers temps.