Rattrapé au score par son ancien pensionnaire Nolan Roux, le RC Lens a dû attendre les prolongations pour faire fléchir Brest (2-1). Le dauphin de la L2 a démontré que sa présence à ce stade de la compétition ne devait rien au hasard, démontrant une qualité de jeu qui sut soutenir longtemps la comparaison avec son adversaire du soir. Lens s'en tire sur un but abracabrantesque mais l'essentiel n'était-il pas la qualification ?
C'est devant une assistance loin d'être pléthorique (14 062 spectateurs) et sous une température frôlant le 0 que M. Bien a lancé les vingt-deux acteurs dans la course au dernier strapontin des quarts de finale. L'enjeu ne tue pas toujours le jeu, celui-ci ne sera pas désagréable à regarder des deux côtés dans cette première période. Avec d'abord cette frappe d'Hermach des seize mètres détournée par un défenseur, que le gardien sauve in extremis (6e). Un tir d'Autret passant juste au dessus de la cage confirme que le tombeur de Toulouse au tour précédent ne joue pas contracté. Confirmation de ces bonnes dispositions avec la plus belle occasion bretonne suite à un corner, Kasraoui sauvant magnifiquement une tête de Poyet (20e). Le Racing Club de Lens, sous l'impulsion d'un Boukari de feu décide alors de hausser le ton. Cette reprise en main des affaires va être payante, Hermach à la réception d'un ballon mal dégagé frappe de nouveau des seize mètres, le ballon passe entre les jambes de Pontdeme, le portier breton (1-0, 30e). Le gardien visiteur fera oublier sa bourde en sortant un magnifique tir en pivot de Roudet (35e), Brest perd un peu de son pétillant dans ce dernier quart-d'heure. Ce qui n'empêchera pas Kasraoui de prolonger sur sa barre un coup-franc des 25 m de Grougi (41e). Lens mène au score et aux points mais on sent bien que Brest n'a pas dit son dernier mot.
Et il y aura de quoi regretter l'entame de la deuxième période et la stérilité d'Akalé, d'abord sur un tir maîtrisé par Pontdeme (48e) puis surtout en gâchant une superbe offrande de Boukari (56e). Puis tout s'enchaîne, Sartre se troue sur un contrôle et laisse Roux à l'affut s'échapper pour battre Kasraoui (1-1, 57e). Cette égalisation va faire très mal aux hommes de Jean-Guy Wallemme, leur jeu s'enrayant inexplicablement. Où est l'équipe décomplexée si prometteuse à Lyon ? Et si Maoulida, idéalement servi par Akalé bute sur un Pontdeme sorti à cent à l'heure (72e) Kasraoui, doit en faire autant devant Grougi une minute plus tard. On pense alors que Jemaa, rentré en cours de jeu, va sortir son équipe de ce bourbier en mettant sur orbite Ramos. Mais une fois de plus, Pontdeme gagne son duel avec brio (80e). Coupable sur le but encaissé, ce dernier assure le spectacle est rassure ses coéquipiers. On flairait les prolongations depuis un moment et cela va se vérifier lorsque le sifflet de M. Bien sonnera comme le signal d'un rab de trente minutes. Lens aurait pu s'en abstenir mais Brest ne l'a pas volé.
Cette prestation improbable des Sangs et or va être sauvée par un but extraordinaire de Marco Ramos. Servi par un Bedimo intenable sur son flanc gauche, la « mine » du défenseur lensois frappe la barre puis le poteau droit de Pontdeme avant de ressortir. M. Bien juge que le ballon est rentré et on ne peut faire autrement... que de lui faire confiance (2-1, 100e). Mais franchement, on reste très sceptique, la rencontre n'étant pas télévisée, l'absence de ralentis laissera la question en suspens. Disons que ce but laissera autant de doutes que celui de l'Anglais Hurst en finale de la coupe du monde 1966 contre la RFA (les spécialistes apprécieront). Assurément, les joueurs de Jean-Guy Wallemme auraient préféré marquer cette qualification d'une manière moins litigieuse, raison pour laquelle on regrettera que l'essai de 35 mètres de Jemaa échoue sur la barre (103e) voire cet ultime rush de Roudet dans le temps additionnel annihilé par un défenseur sur sa ligne.
L'essentiel est là, le RC Lens arrache sa qualification et aura le droit d'affronter Saint-Étienne le 23 ou le 24 mars. Mais après ce match marathon, le mot d'ordre sera ré-cu-pé-ra-tion avant la réception samedi d'une équipe de Monaco (coup d'envoi 19h, sur Foot +) affichant un rythme princier depuis quelques semaines.