Un grand Vedran Runje a sauvé les apparences d'un nul laborieux, pour ne pas dire chanceux du RC Lens. Lundi soir, Troyes a tenté, poussé et n'a jamais renoncé, même mené au score. Les hommes du président Martel ne sortent pas grandis de cette rencontre et devront montrer un tout autre visage à Angers (lundi 9 mars à 20 h 30 sur Eurosport) que celui montré à Bollaert.
Troyes n'est peut-être pas aussi talentueux que le Racing mais ne renonce pas pour autant à être ambitieux. La preuve dès la 2e minute avec cette tête de Buengo au milieu d'une défense amorphe. Heureusement Runje, lui ne l'est pas et s'envole pour détourner la sphère. Lafourcade à la réception réalise l'exploit d'expédier le ballon sur la barre à deux mètres de la ligne ! Cet avertissement sans frais n'aura pas l'heur de réveiller l'orgueil des Sangs et or qui se distinguent par un festival de passes ratées et autres corners stériles. Pendant ce temps, l'ESTAC tente de donner de la percussion dans ses contres et est bien près d'arriver à ses fins à la 32e minute par, une fois de plus, Lafourcade. A l'origine, un centre qui voit Yahia et Demont passer magnifiquement au travers mais l'attaquant troyen échoue sur un Runje étincelant. Et le gardien artésien sauvera une fois de plus la barraque avant la pause. Une sortie des deux poings suivie d'un plongeon salvateur pour endiguer la reprise de ... Lafourcade (42e). Entretemps, une tête de Yahia flirtait avec le poteau de Merville (35e). Du pathétique, cette première mi-temps va pourtant virer au miracle pour les hommes de Jean-Guy Wallemme. Dans le temps additionnel, Drouin prolonge un ballon en profondeur sur son gardien qui ne peut que repousser dans les pieds d'un Maoulida qui n'en demandait pas tant (1-0, 45e + 2). Un but digne de video gag et un gros coup pour le moral des Champenois.
Le temps que le violoniste hollandais entonne (en playback...) Les corons a-t-il permis aux Lensois d'accorder les leurs de violons ? On en doute lorsque Ramos offre un ballon synonyme d'offrande à Lesoimier qui ne convertit pas cette nouvelle bévue défensive (56e). La pantalonnade continue avec une nouvelle occasion troyenne (68e), véritable partie de billard à trois bandes dans la surface. Déprimant. Indigne en tout cas de l'affluence (32 362 spectateurs) que bien des clubs de Ligue 1 envieraient. Car le moins que l'on puisse écrire est que Bollaert n'a trouvé aucune raison de verser dans une euphorie béate. Et ce qui devait arriver arriva. Sur un ballon aérien maraudant dans la surface, la tête de Buengo offre à Beauvue l'occasion de crucifier Runje (1-1, 88e). L'égalisation est archi-méritée et les quatre minutes de temps additionnel n'y feront rien. Les Sangs et or rejoignent les vestiaires têtes basses, sous les sifflets de leurs supporters qui attendaient une autre prestation de leurs favoris. Dans l'Equipe du jour, Jean-Guy Wallemme déclarait : « Nous allons essayer de poursuivre notre bonne série et améliorer la qualité de notre jeu, ce qui n'est pas notre objectif prioritaire. » Avec dix points d'avance sur le quatrième, le leader pourrait tout de même faire un effort sur ce point de détail. Ne serait-ce que pour ajouter une dose de panache à sa performance.