Cinquante points tout rond, huit d'avance sur sa victime du soir, dix sur le quatrième, seize victoires en vingt-quatre rencontres... n'en jetez plus. En s'imposant chez son dauphin, Lens fonce à bride abattue vers la Ligue 1. Car une seule question se pose désormais : qui l'en empêchera ? Pas Metz en tout cas qui, au sortir d'une prestation soutenue, a vu le fossé séparant un prétendant d'un favori. D'accord, la messe n'est pas encore dite mais il faudrait une véritable malédiction pour que le club de Gervais Martel n'arrive pas à ses fins.
Et on repense au 2-0 de 1998 à Saint-Symphorien, traçant la route du titre de champion de France du Racing dont le dauphin sera... Metz. Autre temps, autre niveau aussi. Mais il y avait la même quête de suprématie dans cette rencontre. Les Grenats sont volontaires mais Lens est serein, Metz prend l'initiative mais les Sangs et or, avec encore un excellent Hermach au milieu, gèrent les velléités adverses sans faillir. A deux occasions, Vedran Runje fait le travail pendant que son vis a vis, Germano Vailati, pointe au chômage technique. Mais ce dernier devra s'incliner sur la seule occasion de la mi-temps pour les visiteurs. Un décalage de Kovacevic sur Demont qui centre de la droite et trouve la reprise de Doumeng, déviée par Bregerie (0-1, 33e), Vailati n'y peut rien. En dépit de la réaction messine, les hommes de Jean-Guy Wallemme rejoignent les vestiaires forts de cet avantage.
Mais Papiss Cissé donne un peu plus de moelle aux débats en égalisant peu après la reprise d'un magnifique tir croisé (1-1, 50e). C'est le dixième but de la saison pour l'attaquant sénégalais. Il faudra juste un gros quart-d'heure pour que Maoulida le rejoigne au classement des buteurs. Lancé par Dindane et profitant d'une erreur de Barbosa, l'ex Messin (sic) fusille un Vailati livré à lui-même (1-2, 66e). Après son but décisif à Clermont lundi dernier, l'attaquant lensois récidive et propulse son équipe sur les cimes du classement. Autant dire que la réception de Troyes (le 2 mars à 20 h 30 sur Eurosport) peut-être appréhendée le coeur léger. Le Racing a un pied en Ligue 1, qu'il se les prenne dans le tapis dans la dernière ligne droite relèverait dorénavant de la faute professionnelle.