[Ligue 2. Clermont-RC Lens : 1-2] Ce ne fut pas le match du siècle mais le résultat final ne manquera pas de résonance dans le Landernau de la Ligue 2. Dindane, en signant son grand retour, et Maoulida, en donnant le coup de grâce, n'ont pas fait que donner de l'altitude à leur équipe, ils ont aussi très certainement infligé un gros coup au moral de leurs poursuivants. Au moins, lundi prochain, les Sangs et or n'iront pas à Metz comme on va à confesse.
Il flottait un parfum particulier sur ce match. Celui du deuil dans les rangs auvergnats suite au décès brutal, quelques jours auparavant, de leur jeune défenseur, Clément Pinault, succombant à un malaise cardiaque. Celui du scepticisme, côté visiteurs. Au coup d'envoi, le leadership des Racingmen est chahuté pour cause de problèmes de carburation combinés à un retour canon de Metz (quatre victoires en cinq matches). En cas de défaite ou de match nul, c'est un duel pour la première place qui aurait été en jeu à Saint-Symphorien. Cette éventualité fera très long feu. Mais les Clermontois (16es) qui pensaient empocher un précieux point dans l'optique du maintien n'auront plus que les yeux pour pleurer à la fin du temps additionnel.
Lens prend le contrôle de ce début de rencontre et obtient récompense des pieds d'Aruna Dindane, concluant d'un tacle rageur un centre de Doumeng aussitôt remisé de la tête par Yahia (0-1, 11e). Une délivrance pour l'international ivoirien qui, après une traversée du désert longue de huit mois, retrouve son niveau initial. Joie de courte durée puisque Poté, après avoir pris à revers la défense lensoise, ajuste Runje d'un tir croisé (1-1, 15e). D'un côté, les locaux jouent sans complexes, titillant le bloc défensif artésien, de l'autre un ensemble lensois se créant des situations intéressantes mais pêchant par ce qui pourrait ressembler parfois à de la désinvolture, cela flairait le score de parité à plein nez. D'autant que Fabre réalise un arrêt monstrueux en repoussant une tête de Jemaa à la dernière minute du temps réglementaire. Et puis il y a ces cinq minutes de temps additionnel et ce ballon que Maoulida, entré un quart-d'heure plus tôt, glisse dans le but auvergnat, son neuvième de la saison et pas le moins important (1-2, 94e). Coup de massue pour Clermont, providence pour Lens et dépression chez les poursuivants : le Racing devance son dauphin messin de cinq points et en met huit dans la vue du quatrième, Strasbourg. Toujours victorieux sur le fil du rasoir (onze victoires par un but d'écart sur les quinze obtenues) les hommes de Jean-Guy Wallemme remplissent péniblement mais conscencieusement leur contrat. On ne leur demande rien d'autre.